Actu - Que fait l'équipe du Musée Médard ?

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Lundi 29 mars 2021 10:00 - Mardi 15 juin 2021 18:00

Découvrez chaque mois, le portrait d'un membre de l'équipe du musée, ce mois-ci Laura Bussat, chargée du contrôle et de la gestion des archives de la commune de Lunel.

Laura cherche-t-elle un trésor le long du Canal ? Non, je vérifie l’état de cette carte en vue de son prêt pour une exposition au sein d’une institution locale.

Les Archives municipales ne comptant aucun espace d’exposition, les actions de valorisation sont majoritairement conduites en partenariat avec d’autres institutions comme le musée Médard. Ces dernières, après des recherches thématiques au sein des fonds d’archives de la ville, peuvent demander à emprunter certains documents très visuels permettant d’illustrer leur exposition.

Ces prêts sont très encadrés et nécessitent une grande préparation. Les documents ne doivent pas souffrir de ces expositions, des précautions sont donc à prendre. Ainsi, l’état de l’archive est vérifié au préalable, et les conditions d’exposition (température, luminosité, hygrométrie, sécurité….) sont soigneusement étudiées avant validation du prêt.

 

- Quelles sont vos missions au sein des archives communales ?

Je suis l’archiviste de Lunel, et ainsi, je suis chargée du contrôle et de la gestion des archives de la commune.

Il faut tout d’abord savoir que la commune produit depuis toujours des archives. Ainsi, j’aide les services de la mairie à gérer les documents qu’ils produisent, je collecte pour archivage les dossiers dont les agents n’ont plus l’utilité, et j’encadre l’élimination des documents dénués d’importance historique. Les archives récupérées sont ensuite classées afin de pouvoir les exploiter plus facilement.

Ces documents peuvent également être anciens. Ces archives étant, pour la plupart, déjà classées, je réalise essentiellement des actions de conservation préventive, en vue de leur bonne conservation.

Enfin, il faut savoir que je n’imagine pas conserver un document au sein des Archives municipales sans permettre à terme sa communication au public, que ce soit aux lecteurs extérieurs, aux services de la commune, ou à un public plus large via une valorisation en partenariat avec le musée Médard, ou avec d’autres organismes locaux (articles, exposition, prêt de documents…).

 

- Quel est votre parcours avant d'arriver aux archives communales ?

Pour devenir archiviste, j’ai suivi une double licence Histoire/Géographie avant de valider un master « Métier des archives » à Lyon.

Après mon diplôme, j’ai tout d’abord géré les documents d’une intercommunalité en Haute-Savoie, puis j’ai intégré le service Archives du Centre de Gestion de ce même département pour quelques mois, avant de prendre un poste d’archiviste mutualisé entre plusieurs structures basées en Ardèche.

Cela fait maintenant un an et demi que je suis archiviste à Lunel, ville qui m’était totalement inconnue avant ma candidature à ce poste.

 

- Une anecdote à nous raconter au sujet des archives communales ou un projet que vous avez mené ?

Je ne suis en poste que depuis relativement peu de temps, mais j’ai tout de même une petite anecdote qui montre qu’une archive ne prend toute sa valeur qu’avec son contexte.

Lors d’une recherche sur un tout autre sujet, peu de temps après mon arrivée, j’ai découvert un courrier de 1991 demandant l’envoi de cartes de bons rétablissement afin de battre un record du monde.

N’importe qui serait rapidement passé à autre chose, mais il se trouve qu’à ce moment-là, je connaissais l’histoire entourant ce record. J’étais alors, sur mon temps libre, en pleine lecture du livre écrit sur le sujet.

Ce n’est pas la première coïncidence m’arrivant dans mon travail, et je l’espère, pas la dernière. J’aime ces petites surprises découvertes au détour d’une boîte.

 

- Quel est votre document préféré dans les archives communales ?

Mon document préférée au sein des Archives est le « Comptes du clavaire » couvrant la période 1462-1463.

Doté d’une belle couverture de cuir vert, ce petit registre, dont le contenu peut sembler anodin au premier abord, se révèle au fil des pages. Ces dernières sont en effet ornées de nombreux animaux et végétaux dessinés à l’encre. Poules, fleurs de lys, vaches, boucs, et même petits dragons, c’est un véritable bestiaire qui se dévoile.

J’aime beaucoup ces représentation stylisées, parfois presque fantasmagoriques, comme une surprenant vache écailleuse à plumet. Elles rythment le texte, permettent de distinguer les différents paragraphes et amusent le lecteur.