Louis Médard (1768-1841)

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Portrait de Louis Médard. Huile sur toile, début du XIXe siècle.

 

Louis Médard (1768-1841) a consacré une grande partie de sa vie à édifier une collection de livres rares et précieux, dans la perspective de la léguer à sa ville natale. Toute sa bibliothèque porte les marques de cette double vocation de bibliophile et d'éducateur. Les préfaces ou les notes manuscrites, qu'il a insérées dans les ouvrages, révèlent quels événements, quelles émotions ont déterminé ses choix de collectionneur.

Le portrait de Louis Médard a été restauré récemment, mais il présente des lacunes. Ces manques de peinture sont laissés intentionnellement par les restaurateurs s'ils ne nuisent pas à la lecture du tableau.

 

Négociant en indiennes...

Né à Lunel en 1768, dernier enfant mâle d'une famille bourgeoise de commerçants protestants, Louis Médard est destiné à travailler dans le grand commerce.
Après des études classiques, il devient négociant en indiennes (toiles de coton imprimées et colorées, fabriquées à l'origine en Inde).

 

Carnet de motifs d'Indiennes.
Archives commerciales de la maison Médard et Parlier.
(Archives départementales de Hérault)

 

Bibliophile...

Son père possédant une petite bibliothèque, Louis Médard a donc été en contact avec des livres dès son enfance. Toutefois, son tout premier livre occupe une place déterminante dans sa démarche de collectionneur. Au collège de Nîmes, Médard obtient le premier prix de version latine. Il reçoit alors en guise de cadeau d'encouragement les Œuvres de Virgile. Ce livre, qu'il considère comme « [son] plus ancien ami », ne l'a jamais quitté depuis l'âge de 13 ans. 

 

... et lunellois

À la fin de sa vie, Médard fait rédiger le Grand catalogue de ses livres à l'intention du maire de Lunel et lègue par son testament l'ensemble de sa bibliothèque (livres, mobilier, tableaux) à sa ville natale. Louis Médard meurt en 1841.

 "Je donne et lègue [mon cabinet] en toute propriété à ma ville natale de Lunel, mais aux conditions expresses […] de maintenir en tous temps le Collège, de ne jamais dénaturer en rien ma collection de livres et d'en faire jouir les habitants de Lunel avec l'aide d'un bibliothécaire".

C'est ainsi qu'en 1857, à la mort de son épouse, les 5000 ouvrages de la collection ont fait le voyage, en charrette depuis Montpellier, où Médard a fini sa vie.

Le premier « ami » de Louis Médard : les Œuvres de Virgile.

 

« Les meilleurs compagnons, aux heures de loisir, sont les bons livres
 La lecture offre mille délices
 Un livre est un ami : jouet de nos caprices,
 Assidu compagnon, il distrait nos soupirs ;
 On le prend, on le quitte en changeant de plaisirs ;
 Et jusques en nos mains, sa douce compagnie

 Verse, à longs traits, l’oubli des charmes de la vie. »

 

Pour en savoir plus sur Louis Médard et sa collection, consultez les documents de visite du musée.