L'Enfer

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Louis Médard avait réservé une place particulière dans sa bibliothèque aux volumes qui pouvaient induire une « lecture dangereuse ». Ainsi, une armoire en bois d'acajou et de rose pouvait cacher un petit « Enfer » de 120 livres, un fonds nommé Petit catalogue regroupant les ouvrages à caractère licencieux.

 

De la polémique religieuse aux histoires libertines, ces livres officiellement condamnés n'étaient pas à mettre entre toutes les mains.

Pourquoi tant de précautions ? Médard vivait à une époque, celle de la Restauration et ensuite de la Monarchie de Juillet, fortement marquée par le retour de la censure et par une nouvelle autorité de l'Église. De ce fait, la volonté de transmettre sa collection pour les bienfaits de la collectivité devait être assortie de beaucoup de prudence.

Si sa foi protestante lui avait insufflé le goût de collectionner des pamphlets contre les papes et le catholicisme, une grande curiosité pour le domaine de l'imprimé explique son intérêt pour d'autres genres de textes : les plaisanteries, les satires ou encore des « Opinions singulières » liées aux sciences et à la religion.

 

L'armoire de l' "Enfer", le Petit catalogue

Renversement de la morale chrétienne par les désordres du monachisme, [ca 1700]

[Le nez, les yeux, les tétons], 1734-1760